5 octobre 2017

« La banque de céréales fonctionne à merveille! »

Le groupement des femmes Sope Sheik Sidi Makhtar
« La banque de céréales de Touba Cocky fonctionne à merveille. » Le projet de construction d’une banque de céréale dans le petit village sénégalais a abouti.  Ces mots réjouissants nous ont été envoyés ce mardi 3 octobre, par Philippe Randin, directeur de Nouvelle Planète.

C’était en juillet 2017 (voir l’article sur ce blog à ce sujet et dans Le Matin.ch). Conviés par Nouvelle Planète pour marquer ses 30 ans,  notre joyeuse équipe (les conseillers nationaux Isabelle Chevalley (Verts-Libéraux), Pierre-André Page (UDC), Andrea Gmür (PLR), l’éco-aventurier Raphaël Domjan, le professeur Christophe Ballif (EPFL/CSEM), les journalistes Willy Bodmer (Le Temps), Elodie Botteron et Hervé Stalder (La Télé), l’ancien Syndic d’Isérable Narcisse Crettenand, la spécialiste en communication Marie Deschenaux, Philippe Randi (directeur de Nouvelle Planète), et Bibi (pour l’occasion, en tant que correspondante pour Le Matin) n’avions pas hésité à embarquer pour le Sénégal et passer une partie de nos vacances sur un projet concret sélectionné par l’ONG. Il consistait à achever (oui, oui, pour de bon, avec nos petites mains et nos biceps fragiles) le chantier d’une banque de céréales dans le petit village de Touba Cocky, au milieu de la brousse sénégalaise (devenu depuis notre village de cœur). Ciment, peinture, ponçage, nous avons tous puisé dans nos réserves pour effectuer des travaux très physiques par 40° à l’ombre, loin de nos pré-occupations habituelles.  En une semaine, nous avions réussi à terminer les travaux du bâtiment. Le jour de notre départ, pour que le projet aille au bout, il restait encore à organiser la gestion du grenier, par la mise sur pied d’un groupement et distribuer les rôles. Évidemment, on s’est posé la question si cela fonctionnerait, car on sait que les projets d’organisation d’entraide ne sont pas toujours adaptés à la réalité du terrain et aux particularités culturelles. Une fois les ONG parties, tout tombe à l’eau. 
Le villageois de Touba Cocky


Ce n’est pas le cas pour ce projet à Touba Cocky, car Nouvelle Planète assure un suivi sur place, et l’organisation s’est assuré au départ que la demande de financement provenait des villageois eux-mêmes. Et donc, les nouvelles reçue cette semaine par notre équipe sont excellentes ! 

Xavier Mühlethaler, chef de projets au Sénégal chez Nouvelle Planete s’est rendu recemment sur place. Il n’a pu que constater le succès du projet. Il raconte : « Les femmes du groupement sont enthousiastes:  avec la banque de céréales, même la première saison de soudure (saison qui précéde celle des récoltes) a été bonne! En juillet dernier a eu lieu la première distribution de mil. 50 kg ont été remis à chaque membre, qui devront les « rembourser » au plus tard à fin janvier en y ajoutant 5 kg comme « intérêt ». De cette  manière le renouvellement du stock est garanti. Ce mécanisme permet de garantir la sécurité alimentaire au niveau du village. A cela s’ajoute également l’activité de stockage. Autrement dit, des personnes peuvent venir entreposer de manière sécurisée leurs récoltes contre rémunération. Plus de 50 tonnes ont été stockées durant la campagne 2016/17 ! »
A droite, la secrétaire du groupement féminin

C’est donc grâce à ce processus de gestion, qui ne requiert pas l’introduction de transactions financières, et qui fonctionnait déjà dans des villages voisins de Touba Cocky, que le succès est garanti. Il n’y a que des avantages. Les céréales qui étaient stockés jusqu’alors dans d’immenses paniers à ciel ouvert ne subissent plus de pertes dues aux rongeurs ou à la moisissure. Les villageois mangent à leur faim les céréales qu’ils cultivent eux-mêmes avec tradition, et ne doivent plus aller en acheter à prix d’or sur les marchés. 




L’UDC Pierre-André Page a la main verte
La banque de céréales aujourd'hui

Pour l’anecdote, nous avons aussi reçu des nouvelles des arbres que nous avions plantés juste avant notre départ. Ils étaient destinés à apporter l’ombre qui permettra au bâtiment de rester au frais. Les arbres plantés sont bichonnés par les femmes et il paraît même que c’est l’arbre de Pierre-André Page qui fait la « course » en tête. L’UDC fribourgeois aurait-il attrapé la main verte? 
Les villageois au retour des champs


Les participants du voyage en juillet 2016 : 
Les conseillers nationaux Isabelle Chevalley (Verts-Libéraux), Pierre-André Page (UDC), Andrea Gmür (PLR), l’éco-aventurier Raphaël Domjan, le professeur Christophe Ballif (EPFL/CSEM), les journalistes Willy Bodmer (Le Temps), Elodie Botteron (La Télé) et Hervé Stalder (cinéaste indépendant), l’ancien Syndic d’Isérable Narcisse Crettenand, la spécialiste en communication Marie Deschenaux, Philippe Randi (directeur de Nouvelle Planète), et Magali Di Marco (ex-athlète).

A lire, Le Matin, juillet 2016

http://www.lematin.ch/monde/chantier-deja-avance/story/24134662?track
http://www.lematin.ch/monde/pleut-c-aubaine/story/13688961?track
http://www.lematin.ch/monde/chantier-prend-couleur/story/25974811?track
http://www.lematin.ch/monde/banque-cereales-changer-vie-village/story/20336836?track
http://www.lematin.ch/monde/ombre-baobab-geant/story/12281399?track
http://www.lematin.ch/monde/vecu-semaine-memorable/story/11165961?track


27 janvier 2017

Colorier sans dépasser. Ou pas.

Mahé, 5 ans tout juste. Première évaluation scolaire. Papa et Maman sont fiers. Mahé se développe bien, il apprend  vite, sait compter jusqu'à 29, écoute les consignes, semble épanoui à l'école, mais surtout, oui surtout, il colorie - presque - sans dépasser. Et ce sera même écrit sur son premier bulletin estampillé par le département de la formation, de la sécurité, et de l'enseignement du Canton du Valais. Ouf, serions-nous tentés de nous dire. Effectivement, au premier abord, c'est un grand soulagement, que notre petit dernier soit capable, après un premier semestre en 1ère Harmos*, de colorier sans dépasser.  Oui, ouf, alors que nous sommes à deux doigts d'avoir fini d'accompagner son frère aîné, qui termine, dans les chiffres mais poussivement, sa scolarité obligatoire. Alors que nous l'avons aidé, supporté, consolé, accompagné, pour qu'il rentre dans le moule lisse et uniforme de l'école publique. Pour qu'il soit un peu "comme les autres", pour qu'il fasse "une maison" ou "sa famille, avec un ciel bleu et un soleil jaune", alors qu'il avait la fâcheuse manie de dessiner des requins-citron, des murènes, ou des hypotragues noirs (sorte de gazelle africaine, vu dans Barbapapa), tout en détestant colorier ! Vous imaginez les premiers bulletins ! "Eliah pourrait mieux s'appliquer pour les activités de coloriage". "Eliah a beaucoup d'imagination", "Eliah rêve trop souvent en classe".

Alors, oui, vraiment, c'est un gros soulagement. Il y aura peut-être moins à lutter.  Nous sommes aussi réconforté, à l'heure ou le chef du département de l'éducation, ainsi que ses acolytes, s'adonnent à de puissantes magouilles tout en favorisant le copinage avec une créativité sans bornes, d'apprendre  que le coloriage sans dépasser fait toujours partie du programme scolaire et de l'évaluation d'un élève.


*Harmos, le programme d'enseignement standard harmonisé à l'échelle nationale. Une sorte de lissage des méthodes d'apprentissage et de la finalité de l'école.

1 août 2016

Voyage au Sénégal pour les 30 ans de Nouvelle Planète

En juillet dernier, je suis partie avec Nouvelle Planète et une équipe de 12 personnalités au Sénégal, où nous nous étions engagés à participer à la construction d'un chantier d'une banque de céréales. Ce fût une expérience inoubliable, qui m'a permis d'une part de faire des rencontres fantastiques, mais aussi qui m'a donné l'opportunité de publier ma première chronique dans le journal qui m'emploie, Le Matin. Je ne vous en raconte pas plus, le récit du voyage est résumé dans les 6 chroniques qui ont paru entre le 25 et le 30 juillet dernier dans lematin.ch ainsi que le journal papier.



http://www.lematin.ch/monde/chantier-deja-avance/story/24134662?track

http://www.lematin.ch/monde/pleut-c-aubaine/story/13688961?track

http://www.lematin.ch/monde/chantier-prend-couleur/story/25974811?track

http://www.lematin.ch/monde/banque-cereales-changer-vie-village/story/20336836?track

http://www.lematin.ch/monde/ombre-baobab-geant/story/12281399?track

http://www.lematin.ch/monde/vecu-semaine-memorable/story/11165961?track








1 novembre 2015

Footing comorien

J'aimerais vous raconte un de mes footings, ici à Mohėli, aux Comores, où nous avons passé nos vacances. Cette destination un peu hors du commun est le fruit d'une découverte de mon mari Gianni, passionné de plongée et avide de se retrouver dans des sites sauvages sortant des "sentiers" battus. Normalement ici en octobre, c'est la saison où les baleines à bosses viennent se reposer avec leurs petits ou mettre bas. Malheureusement cette année, elles ont boudé l'océan indien. Il n'y a eu que de rares observations où d'habitudes elles abondent à cette saison, que ce soit à Mayotte, île voisine, à Madagascar ou à la Réunion. Il semblerait que le courant El Niño serait responsable de ce changement de cap dans leur migration. Tant pi, nous effectuons tout de même de magnifiques plongées, et nous nous régalons avec l'observation des tortues vertes et imbriquées qui viennent pondre par dizaines chaque nuit sur certaines plages de Mohėli, ainsi qu'avec la nature environnante extrêmement dépaysante.

L'Etat Islamique des Comores est un pays-archipel que l'on peut qualifier de "préservé" du monde moderne, avec ses avantages (pas d'industrie, nature plus ou moins intacte et pas de tourisme) mais aussi ses inconvénients ou difficultés lorsqu'on débarque d'un pays aussi organisé que la Suisse. C'est toujours très pédagogique pour nous et nos enfants de visiter un pays comme celui-là où les choses qui nous paraissent d'une évidence et d'une simplicité enfantine comme se nourrir, avoir de l'eau potable ou de l'électricité, sont ici un défi permanent. Les Comores, c'est l'Afrique, mais avec une mentalité insulaire, et donc nous devons aussi lutter contre notre façon de penser de bon suisse travailleur qui aime la propreté, la ponctualité, et les choses bien organisées. Au Comores, personne n'a l'idée de ramasser les déchets qui jonchent les rues en terre battues des villages et des alentours, le plastique ayant tout de même, hélas, fait son apparition dans ce monde reculé. Il y a très peu d'artisanat, et également très très peu de plantations permettant un roulement dans l'apport des aliments de base. Pratiquement tout est importé, des îles voisines un peu plus "travailleuses" ou alors d'Asie ou du Proche-Orient. L'électricité est distribuée seulement une partie de la journée, et est produite grâce à des génératrices à mazout (quand il y en a).

Après environ deux semaines sur place je me suis bien acclimatée et habituée à affronter le regard amusé des mohéliens lors de mes footings matinaux; en effet, le jogging, tout comme tout autre activité de "loisir" est perçue comme un peu étrange ici et tout à fait inutile. Nous logeons au Laka Lodge, le seul "hôtel" de Moheli qui est constitué d'une dizaine de bungalows et au sein duquel nous pouvons nous sentir libres dans nos tenues d'européen et où nous pouvons nous baigner en bikini. Les femmes ici ne se baignent pas et ne montrent jamais plus que leurs bras nus. Elles portent le foulard, généralement très coloré, pour certaines de façon très libre flottant sur la tête et pour d'autres, de manière plus stricte fixement accroché sous le menton.


Je prends mon courage à deux mains, ou plutôt à deux jambes, et je sors du domaine. J'emprunte un petit sentier qui semble traverser la "déchetterie" improvisée du village de Nioumachoua, puis grimpe sur une petite colline, de laquelle on a une vue splendide de la baie, avec des îlots magnifiques, Wenefou, Magnoni, Kanzoni. On pourrait penser qu'en allant courir vers 6h du matin, on ne croise pas grand monde, mais c'est loin d'être le cas. Il fait déjà très chaud, environ 30 degrés et un taux d'humidité élevé. Je rêve d'une tenue de course normale, c'est à dire un short et un maillot léger "coolmax".  Mais après une première expérience où je ne me suis pas du tout sentie à l'aise, en tant que femme, avec les regards insistants sur mes parties du corps découvertes, dès ma deuxième sortie j'ai opté, malgré la chaleur, pour un t-shirt qui couvre mes épaules et un foulard noué sur ma tête. Pour être parfaitement conforme, il aurait fallu que je couvre encore mes jambes mais c'était déjà assez difficile comme ça avec cette chaleur. Je suis une touriste et j'assume mon statut de curieuse-femme-étrangère-qui-court-jambes-nues.  Et de toute façon, je suis suffisamment bizarre déjà rien qu'en courant. Mis à part le regard amusé, souvent amical, parfois indifférent, ou moqueur des mohéliens, je ne risque pas grand chose. La pratique de l'islam ici est générale mais relativement modérée. Les gens sont extrêmement gentils, une fois qu'on a entamé le contact. Je lance des "d'jé-d'jé" (bonjour comorien), ou simplement "bonjour" (ils parlent aussi français), et en échange je reçois des "d'jé-ma", ou des sourires amicaux. (bonjour en Comorien). Parfois ça continue avec "go m'nono" et d'autre politesses comoriennes.

Sur le sentier je croise le vieux berger avec ses chèvres. Puis je longe l'arrière de la mangrove, dont le sol est percé par les trous de crabes, et qui rejoint, en contournant le baobab couché, la seule route, ou ce qu'il en reste, qui fait le tour de l'île.
Je croise quelques villageois. Certains portent des chargement de bois ou de feuilles qui serviront à cuisiner ou consolider leur maison. Il y a du monde partout, des hommes, des femmes, sur la route ou dans la forêt. Sous un petit pont au bord de la rivière, les femmes font la lessive et font sécher leur linge sur les rochers de basalte noir. Je croise les regards moqueurs des lycéens qui se rendent à l'école...

Une des choses à laquelle j'ai dû m'habituer, c'est que la plupart des gens que je croise se baladent avec une machette à la main. Cela pourrait être un peu effrayant mais on s'aperçoit assez vite qu'elle ne sert pas à égorger les joggeuses, car leurs propriétaires sont empreints de gentillesse, et qu'il ne s'agit que de leur (seul) outil de "travail". D'ailleurs, même les femmes ont une machette, mais elle est élégamment posée en équilibre sur leur tête, car souvent elles portent encore soit un gros sac de linge, ou un tas de bois sous un bras, avec un enfant dans l'autre.

Ce matin, j'ai même un partenaire d'entraînement ! Je me retourne et aperçois un jeune homme en train de vouloir me rattraper au sprint, pieds nus et tongues dans les mains. Je l'attends et lui demande:
- Tu veux courir avec moi?
- Oui!
- Tu n'as pas mal aux pieds?
- Oui!
Il ne parle pas beaucoup français et je comprends que la conversation ne sera pas d'un très grand niveau mais cette présence improvisée me motive. Il m' accompagne durant 3-4km, pieds nus sur le goudron.  J'ai tout de même appris qu'il s'appelait Djébré, qu'il se rendait chez sa mère dans le village d'à côté. Grâce à moi il aura gagné trente minutes sur son trajet habituel, mais il aura peut-être un peu mal aux pied.

Sur le retour je croise encore quelques familles, des lycéens, des hommes ou des couples à moto, le moyen de transport le plus répandu sur l'île. Des femmes sont en train de cueillir les fleurs d'ilang-ilang, qui seront distillées pour en faire de l'huile essentielle. Malheureusement, comme toujours, les plantations d'ilang-ilang se sont développées de manière exponentielle ici, sans qu'il y ait eu d'étude d'impact ou d'organisation bien réfléchie, ce qui a pour conséquence une déforestation rapide (le bois est utilisé pour distiller) et une érosion excessive, impliquant une pollution des côtes due au détritisme. Je termine mon plus long footing ici, 50 minutes, épuisée par les conditions climatiques et ma tenue pas tout à fait adaptée à une performance optimale. Mais c'est toujours mieux que rien. Je me "rafraîchis" dès mon arrivée au bungalow dans la mer, qui est tout de même à 28 degrés.

30 août 2015

Victoire au Tour-de-Bellevue, samedi 29 août 2015

Ouf ! Quelle épreuve, mais quel beau parcours ! Lorsque j'ai décidé au printemps de me préparer pour cette course, j'étais loin d'imaginer que ce serait si dur. Facile, je me disais, je peux aller m'entraîner à pied depuis chez moi sur à peu près tous les tronçons du parcours. Et du fait d'une nouvelle organisation, d'un nouveau parcours, la concurrence ne me mettrait pas trop de pression, donc j'envisageais une belle balade à travers les monts et les vaux qui entourent mon home-sweet-home...
Le tour de Bellevue, c'est un peu plus de 37km, 2405m de dénivelé + et 2060m de dénivelé -. Le départ sera donné à 9h Collombey. Zut!  j'ai oublié ma montre Garmin et je déteste ça. J'ai fait une estimation de mes temps de passage, et j'aime bien avoir une référence. Tant pi, je jetterai un oeil de temps en temps à mon téléphone... Je contrôle encore une fois mon sac qui doit contenir le matériel obligatoire : minimum 1 litre d'eau, des barres, des gels, un k-way, une couverture de survie, un sifflet, un gobelet et un téléphone portable. Je suis tellement novice dans la discipline, que je m'étonne que des concurrents ont attaché des bâtons à leur sac. J'apprends que je participe en fait à un Trail et pas à une "course de montagne", dans lesquelles les bâtons de marche ne sont pas autorisés... :-) Après un petit briefing des organisateurs, c'est parti : montée d'environ 2km dans la forêt puis descente sur Muraz. Après environ 5km, on attaque la "vraie" montée. 1600m plus haut, la pointe de Bellevue. Je vous laisse donc imaginer la pente moyenne de ce tronçon d'environ 8km. Je me sens plus à l'aise, comme toujours, sur les partie peu pentues, et j'en profite pour récupérer un peu. J'essaie de constamment en garder sous le pied, car une fois en haut, ce sera loin d'être fini. Devant moi au départ sont partis une dizaine d'hommes, dont la star locale Manu Vaudan. Au fil des km, je dépasse quelques concurrents qui me semblent, à leur respiration bruyante, être partis un peu vite. L'effort en solitaire ne fait que commencer.
Aux "Cavoués", on rejoint enfin un sentier que je connais bien. Mais déjà, 1h25 se sont écoulés. Il fait très très chaud. Moi qui pensait arriver au sommet en moins de 2h, et bien, ce sera beaucoup plus long. Mais à partir de ce moment là, je ne regarde plus jamais l'heure. Au sommet, Gianni et Eliah, mon mari et mon fils, sont là comme prévu pour m'encourager et me ravitailler. Je prends quelques secondes pour m'arrêter, boire, m'arroser.
Mais le tronçon que j'appréhende le plus m'attend, la combe de Dreveneuse, à commencer par la descente dans un pierrier juste sous la pointe de Bellevue. Genre, magnifique à faire avec des bonnes chaussures de marche et un pic nic. C'est très glissant et, plus c'est instable, plus c'est raide, et plus je suis mauvaise !! Les 2 minutes gagnées sur Candide Granger (qui a des bâtons) que j'ai dépassé dans la montée sont vite avalées, et je le perd vite de vue. Tout le vallon n'est constitué que de sentiers caillouteux, de pierriers, voir même de petites barres rocheuses à escalader. Le faux-pas n'est pas conseillé. A Chalet-Neuf, une petite remontée avant de retrouver mes hommes et le ravitaillement. Je me sens très éprouvée par l'effort et la concentration nécessaires pour ces  5 petits km  de la combe de Dreveneuse. Je suis à mi-course et à ce que j'apprendrai plus tard, cela fait presque 3h que je cours !! Heureusement, la descente sur le Pas-de-Morgins est "facile", j'ai Candide en point de mire, et on a même droit à 2km sur du goudron. Mais il faut gérer car les crampes commencent à se faire sentir. Au Pas-de-Morgins, nouveau ravitaillement. Tour du lac, puis descente sur la Vièze de Morgins, passage sous le télésiège de la Foilleuse, puis on attaque la montée de l'Abérieu pour la "dernière" difficulté, le passage à Savolaire. Chaque changement de terrain ou de dénivelé me provoque des crampes, mais après quelques minutes, ça va. Me monte bien et j'ai définitivement lâché Candide, le seul concurrent que j'avais en point de mire depuis des km. A Savolaire, je pense que mon "calvaire" est terminée, puisqu'il reste 7km de descente (mais 900m de dénivelé -). Au départ, ça roule bien, je dépasse encore un concurrent qui semble épuisé. Mais les organisateurs ne nous épargnent pas. Des petites remontées, des champs à vaches, des cailloux, rien qui permettent d'aller vite et de boucler ce Tour rapidement. J'aspire les dernières gouttes d'eau de mon Camel Bag, les crampes me laissent tranquille sauf quand il faut passer sous les barrières des vaches :-).
Puis enfin, l'arrivée à Troistorrents. Je suis épuisée mais heureuse. Et comme me le fait remarquer mon mari, personne ne m'a obligée à le faire ! Je suis stupéfaite d'apprendre que j'ai "couru" pendant 4h46!!! Je comprends que j'ai été un peu optimiste avec une estimation en 4h, pour ce parcours pas du tout roulant et très technique. Je gagne chez les dames et je suis 4ème au scratch.
Nous habitons une magnifique région...

4 août 2015

Semaine 100% valaisanne!

Cette semaine est marquée par une immersion intensive dans mon Canton d'adoption, le Valais (je précise pour ceux qui ne me croient toujours pas citoyenne valaisanne :-), que j'habite à Troistorrents depuis 2001).
Pour commencer, et pour une fois, je parlerai d'autre chose que de sport, lundi 3 août, c'était le lancement d'une initiative visant à mettre sur pied une constituante dont le but est de réviser de manière totale la très obsolète Constitution Valaisanne, qui date de 1907. Un comité apolitique d'une trentaine de personnalités dont je fais partie est à l'origine de cette initiative. L'idée est de remettre à la société civile les rennes pour reconstruire une constitution moderne qui prend en compte la vie des citoyens de notre époque (comme le droit des femmes pour citer un des exemples le plus flagrant).

C'est une expérience très intéressante et très enrichissante qui me permet de découvrir les coulisses du monde politique et des lois qui régissent notre Canton et notre pays, et également, de faire la connaissance de personnes passionnantes et compétentes dans des milieux très divers. Objectif, nous devons maintenant récolter un minimum de 6000 signatures d'ici la fin de l'année. Pour plus d'infos, et en cas d'intérêt à contribuer à récolter des signatures voire d'envoyer un peu d'argent pour financer cette initiative (c'est déductible des impôts), rendez-vous sur le site www.constituante-valais.ch.

En fin de semaine, ce sera le début des festivités du Bicentenaire Valaisan. 200 ans que le Valais est intégré à la Confédération. Ca se fête! Et en Valais, on ne voit pas les choses à moitié: ça se prépare depuis plusieurs années. Tout un tas de projets ont été mis en place et notamment, une sélection de 13 "projets étoiles" ont été minutieusement sélectionnés par un jury hautement qualifié (c'est de l'humour, mais pas complètement faux:-). Ces projets ont pour but de représenter les différents milieux culturels, sportifs, touristiques, entrepreneurial, éducatifs, bref, tout ce que peu offrir le Valais de plus beau afin de le rendre visible dans le Canton, dans toute la Suisse voire dans le monde. J'ai eu l'honneur et le plaisir d'être intégrée à ce jury qui a examiné les 269 projets pour en choisir au final, 13 (pour mes amis non-valaisans, 13 est le nombre d'étoiles sur le drapeau valaisan, qui correspondent aux 13 districts). Ces 13 projets-événements (en fait 12, un est tombé à l'eau) vont se dérouler durant toute l'année 2015. Le programme se trouve sur le site de www.valais.ch. Je précise que les délicieux breuvages typiquement valaisans ont été mis à disposition uniquement à la fin des séances de travail et qu'en aucun cas le jury n'a pu être influencé par ces substances dans ses décisions.

Tout ça pour dire que vendredi 7 août aura lieu une immense manifestation à Sion, avec cortège, discours, apéros, repas, etc etc et que j'y ferai un saut bien entendu, afin de retrouver d'une part mes camarades du jury, avec qui, là aussi, nous avons partagé de très bons moments, mais aussi, non sans être intéressée par la récolte de quelques signatures... :-) (voir plus haut).

Et pour terminer, et je ne vous cache pas que ce sera mon activité préférée, je serai au départ, pour la première fois, de la mythique course de montagne valaisanne, Sierre-Zinal, le dimanche 9 août. C'est une nouvelle expérience, qui bien entendu, quoiqu'il arrive, me laissera des souvenirs et des émotions inégalables, j'en suis convaincue. Pour autant que j'arrive, durant cette semaine festive, à limiter un peu la consommation de produits du terroirs. Mais c'est pas gagné. Je partirai avec le dossard 113 (encore du 13, décidément !).  Et au pire, si après le passage de la ligne d'arrivée, je ne suis pas occupée à grimper sur divers podiums, pour m'occuper, je sortirai mes feuilles de signatures...



3 juillet 2015

Eté 2015 - Objectifs montagne !

Cet été 2015 sera probablement le dernier où je je prendrai part à des courses au sein de l'élite. Même si j'ai toujours autant de plaisir à faire du sport, je ressens des difficultés à relancer la machine et m'astreindre à une certaine rigueur nécessaire à la performance. Et puis finalement, cette machine a déjà bien servi !

Pointe de Bellevue 
Malgré tout, il y a encore une course mythique à laquelle j'ai toujours rêvé de participé. Quasi un rêve de gosse ! Sierre-Zinal le 9 août. D'abord pas très motivée à m'aligner encore avec des avions de chasse, j'ai pris ma décision assez récemment. J'essayer de trouver une certaine aisance à crapahuter les montagnes, même si c'est un leurre. Habitant sur un terrain idéal, c'est vrai que mes séances d'entraînement sont simplifiée. Je prendrai donc le départ de cette course extraordinaire dans l'élite le 9 août à 9h.

Si je récupère (mais pour moi c'est une inconnue totale), je m'alignerai encore le 29 août au Tour de Bellevue, 37km et plus de 2000m de dénivelé, sur des sentiers intégralement accessibles à pied depuis chez moi. Forcément de nouvelles sensations, une nouvelle manière de gérer l'effort. Et surtout, surtout, des paysages magnifiques ! Après le bitume des villes des marathons, les yeux rivés sur sa montre, c'est l'espace, la nature, les montagnes et les sensations qui m'attendent.

Ceci n'empêche pas une préparation sérieuse. Les intensités en côte sont facilement accessibles, sans oublier le travail en descente, capital pour finir Sierre-Zinal sur ses deux pieds, à ce qu'on m'a raconté :-)

Puis, si mon corps et ma tête le veulent bien encore, après tout ça, je serai au départ du Romande Energie semi-marathon de La Côte, le 13 septembre, dont j'ai l'honneur d'être la marraine une nouvelle fois, pour sa 2ème édition. Vainqueur en 2014, j'essayerai de défendre mon "titre", même si je pourrai prétendre, à mon grand regret, à un chrono extraordinaire sur ce semi pourtant particulièrement rapide. C'est un semi que je vous recommande vivement pour préparer vos marathons de l'automne. Rapide, avec un léger dénivelé négatif, et avec le vent dans le dos, il est probable que cette course soit bientôt une référence pour effectuer des chronos canons. Lea Sprunger, notre sprinteuse nationale fraîchement reconvertie sur 400m haie, en est l'organisatrice.

Mais, en guise de préparation et aussi de test dans une grande chaleur, ce sont les Rochers-de-Naye qui m'attendent ce dimanche 5 juillet un peu avant midi...

20 mai 2015

Saison "nature" et en côte


La Monthey-d'Illiez 2013
 Ces derniers temps, j'ai bien réfléchi. Après tant d'années à parcourir les routes pour performer dans le triathlon et le marathon, il est maintenant temps que je découvre plus à fond ce qui m'entoure, les sentiers, les sommets, les vallées, et d'en faire un terrain d'entraînement ludique et rentable (dans le sens où je ne souhaite plus investir du temps dans les déplacements pour aller m'entraîner, mais utiliser ce que j'ai à disposition dès que je franchis le seuil de ma maison). Je vais donc naturellement me tourner vers des courses plus "nature" comme les trails : longues, courtes ou moyennes distances, je ne sais pas encore, à voir avec les envies, les opportunités, et l'énergie que j'aurai durant cet été. En 2013, j'ai eu un avant-goût de cette discipline, en participant à La Monthey-D'Illiez, à la course de côte Neirivue-Le Moléson et à Montreux-Les-Rochers de Naye. Je n'ai jamais été particulièrement à l'aise dans les tronçons les plus raides, mais je ne m'y étais presque jamais entraînée. Mais j'ai par contre adoré les paysages lors de ces épreuves.

Côté entraînement, c'est tout de suite plus facile de se motiver à partir en côte. J'ai déjà  pu tester quelques idées de séances originales, afin de m'habituer à ces efforts spécifiques.  Ce samedi lors de la Monthey-D'Illiez, qui empruntera des sentiers que je connais bien, j'essayerai de moins souffrir dans les pourcentages élevés.

Il y a de fortes chances que cette nouvelle "orientation" m'amène à prendre le départ à fin août au Tour de Bellevue. Je ne trouverai jamais une course dont l'itinéraire entier est à portée de baskets depuis mon salon.  Une belle fin peut-être, avec une arrivée à Troistorrents Après avoir effectué plusieurs tours du monde pour le sport, je pourrais peut-être décider d'arrêter à la fin de cette saison dans ma commune.


29 avril 2015

Saison 2015

Je démarre ma saison 2015 très tardivement, par les 20km de Lausanne samedi dernier. Mis à part 2 étapes au Tour du Chablais pour me donner un peu de rythme, j'ai un peu traîné la patte ce début d'année. Je termine 2014 sur les rotules, fatiguée, malade. La course à la qualification pour les championnats d'Europe de Zurich, que je finis par obtenir tardivement, a usé mon corps plus tout jeune.
Entre Noël et Nouvel-An, j'ai laissé mes baskets de côté durant 3 semaines. Je crois que cette pause était nécessaire, mais à 44 ans, le retour est rude ! Partagée entre l'envie de mettre la flèche à droite question dossards et objectif, ou faire une sorte de "tournée d'adieu" sur les courses que j'ai beaucoup appréciée, je me remets à l'entraînement, avec une conviction modérée. Les premiers footing sont rudes, et les premières accélérations plus que décourageantes. J'évite de trop regarder les chronos dans un premier temps. Je me décide finalement fin mars, après une bonne série d'entraînements positifs. Je me sens capable de viser le top 5, mais pas de faire mon meilleur chrono de 1h12.

A l'arrivée, je termine un peu trop loin du chrono espéré, en 1h17'45, au 7ème rang final. La 4ème était jouable dans un bon jour.
Je suis tout de même fière de passer le relais pour de bon à mes deux athlètes, Laura Hrebec, toute récente championne d'Europe de duathlon et 3ème de l'épreuve, et Claudia Bernasconi avec qui je démarre une collaboration cette semaine et qui finit 5ème du 10km avec un plateau très relevé.

J'envisage la suite sous forme de courses et d'entraînement plus "nature", avec pourquoi pas un trail sur une moyenne distance en fin de l'été. Je sens que ce choix serait cohérent avec mes convictions, d'être plus proche de la nature et d'éviter des déplacement en voiture inutiles en utilisant le terrain qui se trouve devant ma porte, des chemins, des cailloux, des pentes.

Il me permettra aussi de faire quelque chose de nouveau. qui ne nécessite pas de grandes qualité de vitesse que je n'ai plus !


19 décembre 2014

Fin de saison et ...

Me voici au terme d'une de mes dernières saisons en tant que (ce que j'appelle) sportive d'élite. Ma dernière course 2014, que j'avais à coeur de réussir et que j'avais même assez bien préparé, la Trotteuse-Tissot de la Chaux-de-Fonds, ma ville natale, s'est soldée par une 4ème place. Malade, j'ai dû m'incliner. Je sais maintenant que je n'ai pas fait ma chochotte car cela fait une semaine que je lutte contre une sinusite carabinée.

C'est un nouveau signe qui ne trompe pas, les vacances seront les bienvenues ! Après 2 marathons, dont un dans le cadre des championnats d'Europe, 2 semi-marathons (1h17 à Ferrara en mars), quelques 10km (meilleur temps de la saison 35'30), un camp d'entraînement en janvier avec Swiss Athletics au Portugal, je me sens très fatiguée aussi bien mentalement que physiquement. Dès demain, place aux vacances en famille et pas question de planifier des entraînements.

Dès la rentrée je devrais normalement retrouver l'envie de galoper un peu de nouveau et en fonction de la forme et de ma motivation, je déciderai quelle forme donner à ma probable tournée d'adieu au sport de performance....

J'aimerais remercier tout particulièrement mes partenaires, avec en tête Sporttip que me soutient depuis de nombreuses années. Asics bien sûr, et le fitness Form24. Ainsi que mon coach Pierre et ma famille qui ont toujours cru en moi et supporté mon insatiable besoin de fixer des objectifs.

De belles fêtes à tous!

25 octobre 2014

Début de la saison d'automne - demain, 10km!

Après près de deux tiers de l'année consacrée au marathon, et une participation aux Championnats d'Europe le 16 août, je tenais à exploiter encore tous ces efforts consentis à l'entraînement. Une période de récupération et de réflexion a été nécessaire, car non seulement j'ai 43 ans et penche indéniablement et en toute logique vers la pente descendante, et, depuis le 1er septembre, j'ai un nouveau travail qui me comble mais qui a nécessité une adaptation de mes plages d'entraînement et me laisse moins de temps. Mes 3 derniers marathon me laissant un peu sur ma faim, j'aimerais encore faire une ou deux courses bien préparées avant de prendre du recul par rapport au "sport de performance".
Cet automne, je vais continuer à optimiser mes plages d'entraînement en travaillant sur la vitesse, la VMA et la force : 3 qualités athlétiques qui s'envolent avec les années, mais que l'on peut maintenir avec un entraînement ciblé. Et…on verra bien ce que cela donne ! Après les 10km de Lausanne demain, qui me donnera des indications, je pense orienter ma préparation en vue de la course de l'Escalade le 6 décembre. Puis je serai encore au départ de la Trotteuse à la Chaux-de-Fonds le 13.

8 octobre 2014

Projet PASTEC - Zoé4Life - Raid L'Arbre Vert au Cambodge

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Il y a quelques semaines, j'ai été contactée par l'association zoe4life qui cherchait une marraine pour soutenir le projet de 3 de ses membres  : Patricia, Katja et Sarah vont participer à un Raid aventure écologique et caritatif, le Raid l'Arbre Vert, au Cambodge, qui aura lieu au mois de novembre. Tout le monde, y compris moi, se souvient de la petite Zoé et de sa jolie petite bouille toute souriante… zoe4life qui a été créée par des amis et famille de Zoé peu avant son décès l'an passé, soutient un programme appelé PASTEC (Promotion de l'Activité Sportive Thérapeutique pour l'Enfant atteint de Cancer.) Ce programme consiste à offrir aux enfants malades en traitement, bien entendu de manière adaptée, une séance de sport hebdomadaire sous surveillance médicale. Il a été prouvé que le sport permet non seulement aux enfants malades de retrouver confiance en eux, car les traitements les diminuent énormément physiquement et psychiquement, mais aussi leur permet de maintenir un minimum leur musculature qui fond comme neige au soleil. Par ailleurs cela permettra également aux parents de souffler un peu dans une vie bercée par les visites à l'hôpital, et qui ne trouvent pas encore du temps et de l'énergie pour les emmener faire du sport.
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J'ai été bien entendu touchée par cette cause et cette demande de parrainage, d'autant plus qu'elle me permet de partager mes compétences: conseiller Patricia, Katja et Sarah dans leur entraînement qu'elles ont déjà bien entamé. Ce Raid leur permettra de récolter des fonds pour le programme  PASTEC.






Les 3 radieuses vont donc bientôt prendre le départ de cette épreuve difficile qui nécessitera beaucoup d'endurance. Elle dure une semaine et des journées variées et sélectives les attendent : course à pied, VTT, kayak, grimpe, tir à l'arc, et diverses épreuves de "survie" type construire un radeau avec des déchets de plastique et de bois, etc.  Elles s'entraînent de 4 à 5 fois par semaine et entre 10 et 12 heures. Tout cela en conciliant vie de famille et leurs jobs respectifs. Chapeau ! Bien que je connaisse bien cette problématique je ne rencontre pas souvent des femmes qui s'investissent autant alors qu'elle n'ont aucun passé de sportive d'élite !

Mon rôle sera de les conseiller dans leurs dernières semaines de préparation (6).

L'Illustré, partenaire de l'association zoe4life, a fait un joli article cette semaine: http://www.illustre.ch/les-blogs/zo%C3%A94life/une-marraine-pour-nos-trois-raideuses?esi


Pour des information au sujet de l'association zoe4life et faire des dons:  http://zoe4life.org


16 août 2014

Marathon des Championnats d'Europe

Et voilà, ce grand objectif que tous les marathoniens suisses attendent et préparent depuis longtemps, et bien, il est derrière, en tout cas pour les filles. Je viens de vivre une journée, et même une semaine, inoubliable. Arrivée mardi, j'ai découvert pour la première fois une compétition d'athlétisme depuis l'intérieur, et fait connaissance avec une équipe de suisse formidable. Beaucoup de jeunes et moins jeunes qui en veulent, qui sont sympas, et une organisation parfaite de la part de Swiss Athletics. Il y a vraiment eu une très bonne ambiance aussi bien au sein de l'équipe que sur les parcours et dans le stade. Et surtout, des résultats incroyables. Lors du marathon, le public était tellement nombreux et bruyant, qu'on en oubliait la douleur de l'effort. Absolument génial, et merci de nous permettre de vivre des moments comme ceux-là.
Pour ma part, je me relève gentiment de ma course, qui me laisse un peu sur ma faim. On aimerait toujours faire mieux, se surpasser et faire une perf devant un public comme celui-là. Malheureusement, je dois me rendre à l'évidence que j'ai laissé des plumes dans une préparation pas hyper sereine, avec un virus survenu au plus mauvais moment (fin juillet), le tout combiné à un âge où la récupération n'est plus aussi évidente…. La préparation optimale d'un marathon est si possible une combinaison parfaite de beaucoup de paramètres surtout si on n'est pas né en Ethiopie ou au Kenya :-)
Cette journée a tout de même été émotionnellement chargée et rester gravée dans ma mémoire. Ce n'est pas tous les jours que des marathoniens courent devant un tel public. J'ai de la chance d'avoir pu vivre cet événement qui me tenait à coeur pour terminer ma carrière sportive internationale, et en rouge et blanc.
Bravo aussi à tous les athlètes suisses qui ont tous été très courageux, et qui nous ont offert et nous offrirons encore dimanche un magnifique spectacle.

20 juillet 2014

Tour des Alpages à Anzère

A exactement 4 semaines du marathon des championnats d'Europe, je décide de participer à cette épreuve de course de montagne de 17km, qui me paraît sur papier, assez "roulante". Vu que le parcours des CE de Zurich sera agrémenté d'une montée de 1200m à effectuer 4x, je ne néglige pas le travail en côtes à l'entraînement. Je veux intégrer cette course dans ma préparation qui contient en ce moment un bon volume kilométrique (125km pour cette semaine). J'ai eu de bonnes séances ces dernier temps et je sens que je suis dans une bonne phase, donc je suis assez confiante. Mais en arrivant à Anzère, je découvre rapidement la rampe de départ et commence à comprendre que ce ne sera pas si facile pour moi qui ne suis actuellement pas du tout à l'aise dans les montées raides. Espérer être bien sur ce genre de course en ayant accumulé en moyenne entre 15 et 25km sur les 10 derniers jours est utopique.
Le départ est donné, et après quelques centaines de mètre je constate que cela va être très dur. La totalité du dénivelé positif se répartit en effet sur les 5 premiers km. Ces pourcentages ne me conviennent pas. Je monte en compagnie de 2 autres filles qui alternent marche et course, et je m'accroche pour passer le sommet en leur compagnie. Laura Hrebec et la colombienne Johanna Tobon sont déjà bien loin devant. Je me fais néanmoins distancer de 100-200m sur la fin. A ce moment, je suis encore convaincue que je vais pouvoir rattraper mon retard sur le plat, mais c'était sans compter sur des jambes dures comme de la pierre. Je n'arrive pas vraiment à allonger et retrouver de la vitesse. Puis c'est le début de la longue descente. Ca commence par être assez roulant, puis il y a des tronçons de plus en plus raides dans les cailloux sur sol instable. J'ai fini par rattraper Nathalie Von Siebenthal mais Laurence Yerly s'envole. Et moi, plus la pente s'accentue, plus je me sens mal à l'aise.  Comme je ne suis pas venue ici pour me tordre une cheville ou me faire des courbatures qui m'empêcheront de m'entraîner correctement les prochains jours, je prends mon temps pour ne pas avoir trop mal. Puis nous rejoignons le Bisse de Sion et là c'est environ 3km de plat qui nous attendent. Je suis beaucoup plus à l'aise et rattrape quelques concurrents, malgré les cailloux, les racines et les précipices qui ne permettent aucune défaillance de concentration. Mais c'est dur d'allonger avec les jambes meurtries par cette longue descente! Puis c'est la descente finale sur Anzère. Il y a des tronçons tellement raides, que je dois presque marcher et me fait évidemment rattraper par les hommes que j'avais passé sur le plat. Heureusement, les derniers 800m sont sur goudron et là j'ose enfin me laisser aller et finir plus vite.
J'ai beaucoup subi, mais c'était une très chouette course bien organisée, un bon entraînement intensif pour moi et après un footing de récupération en compagnie des éthiopiens le long du bisse et un moment de détente dans les bains, la fatigue est vite évacuée.

9 juillet 2014

Partenariat avec Sponser

Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, j'ai le plaisir d'annoncer que la marque Sponser, dont j'utilise certains produits depuis de nombreuses années, va me ravitailler pour la suite de la saison. J'en suis ravie, car Sponser offre toute la panoplie des compléments alimentaires, boissons de récupération,
protéines, gels, barres de céréales, et surtout le précieux Carbo-Load que tout marathonien qui se respecte ingurgite en grosses quantités la semaine précédent la course. Des compléments indispensables pour les sportifs qui ont des objectifs élevés! J'apprécie également qu'une part non négligeable de mon budget sera allégée pour ces prochaines semaines !

8 juillet 2014

Allez, on se relève, au boulot !

Les retournements de situations, on est habitué à les voir en tennis, en football, mais finalement ça peut aussi arriver sur marathon. Après la décision de lundi dernier, je m'étais volontairement accordé quelques jours plus relax afin de recharger les batteries avant de m'élancer à l'assaut d'un nouvel objectif. Je m'étais plus ou moins fixé une limite de 7 jours supplémentaires pour accepter un éventuel remplacement au sein de l'équipe nationale. Attendre jusqu'au 3 août (demande de Swiss Athletics) n'était pour moi pas acceptable. Alors que j'étais occupée à passer la débroussailleuse dans mon jardin, c'est vers la mi-journée que la bonne nouvelle m'est parvenue par téléphone ! Je serai au départ du marathon des Championnats d'Europe ! La séance d'entraînement de l'après-midi, sous la pluie, a, du coup, passé comme une fleur...
J'ai une pensée pour Jasmin Nunige qui a dû se retirer pour des raisons médicales. Atteinte de sclérose en plaques, elle ne peut actuellement plus s'astreindre à un entrainement intensif. Je la remercie d'avoir averti Swiss Athletics suffisamment tôt pour permettre à sa remplaçante de se préparer correctement.
Malgré tout, je ne pense pas avoir volé cette sélection et mon objectif aujourd'hui c'est de faire le meilleur résultat possible le 16 août et faire honneur à cette sélection.

30 juin 2014

Décision : NEIN !

La décision est tombée cet après midi par téléphone. C'est toujours dur à digérer à chaud… Même si on s'y attend un peu. Pas à cause d'une méforme, ou de problèmes connus durant ces 8 dernières semaines, mais à cause de la subjectivité des sélectionneurs. C'est bien dommage, ça laisse forcément la porte à des discussions et des pensées pleines d'amertume. Un chrono est un chrono, et malgré tout, dans un pays qui fabrique les meilleures montres du monde, ce n'est pas un critère à prendre en considération.
Vu que la commission de sélection s'est à un moment donné offert la liberté de choisir selon des critères subjectifs afin que le "plan Nicola Spirig aux CE d'athlétisme de Zurich" puisse avoir lieu, pourquoi ne l'a-t-elle pas appliqué à l'ensemble des athlètes ?

Je sais que je vais vite rebondir, que je suis quelqu'un qui est tournée vers l'avenir, mais à chaud, c'est comme un grand vide. Tous les athlètes qui doivent renoncer pour blessure ou qui ne réussissent pas les critères de sélection connaissent ça.
Dommage, j'étais prête, prête à attaquer la dernière ligne droite, 7 semaines pour peaufiner la préparation, prête à montrer à Swiss Athletics qu'ils auraient fait le bon choix. Il y a tout de même un avantage... c'est que je n'aurai pas à assumer ce statut et cette pression... Que j'aime malgré tout et que j'aurais aimé vivre une dernière fois.

27 juin 2014

Dernières news. Fin du premier bloc.

Photo copyright Daniel Werthmüller 
La planification pour mon prochain marathon (dont je connaîtrai le nom et la date d'ici mardi 1er juillet), a été scindée en 2 blocs, et en cette fin de semaine j'arrive à la fin du premier. 8 semaines se sont écoulées depuis le début de cette préparation. 8 semaines au cours desquelles j'ai effectué une préparation optimale pour être en forme le jour J, c'est à dire le 16 août.
Une préparation "normale" et sans encombre, et où, au fil des semaines, j'ai commencé à me sentir de mieux en mieux et de plus en plus solide. Seule une sinusite d'une dizaine de jours est venue entraver ma forme, mais sans trop de conséquences puisqu'elle est tombée sur une semaine de surcompensation.

Photo copyright Daniel Werthmüller
Durant ces 8 semaines, je me suis essentiellement focalisée sur l'objectif "fantôme", même si, comme je l'ai mentionné dans mon dernier article, cela n'a pas toujours été très facile mentalement. Surtout que, ne sachant pas si je serai inclue dans l'équipe nationale ou pas, je me suis mise une certaine "pression" qui n'est pas facile à vivre quand, par exemple, lors de la Frauenlauf à Berne dimanche 15 juin, les sensations et le chrono n'y sont pas. Une performance moyenne, 5km en 18'06, qui devrait être considérée comme normale dans une préparation de marathon (j'avais 110km dans les jambes, 2 sorties la veille), mais qui sape tout de même le moral lorsqu'on est en retrait par rapport à ses "concurrentes"…

Photo Copyright Daniel Werthmüller
Cette course a été vite oubliée, et la déception a été compensée par une performance plutôt encourageante dimanche dernier. Afin de ne pas effectuer ma longue sortie toute seule, j'ai pris part au marathon d'Yverdon, qui se déroulait dans un cadre de nature idyllique, au bord du lac, entre Yverdon et Neuchâtel. Avec l'objectif de courir 30km à un rythme d'endurance soutenue. Mes compagnons d'entraînement qui y participaient aussi ont tout de suite pris un tempo plutôt rapide, aux alentours de 4'-4'10/km. Je ne sentais bien, malgré une nouvelle semaine chargée, et j'ai décidé de poursuivre à cette allure. J'avais dans l'idée d'accélérer sur la fin pour terminer aux alentours de mon allure marathon, ce que je n'avais encore jamais été capable d'effectuer jusqu'ici. Après 20km, j'étais déjà régulièrement en dessous des 4' malgré les montées et les descentes techniques, sans compter les tronçons sur sol irrégulier et sinueux. J'avais les 1er hommes du marathon en point de mire, j'ai même dépassé le futur vainqueur aux alentours du 28ème km. Il a fait une drôle de tête en me voyant mais fût rassuré quand je lui ai dit que j'allais m'arrêter au 30ème. Arrivé au ravitaillement du Petit-Cortaillod, je m'arrête comme prévu, et j'ai un chrono au 31ème km de 2h04 (je me suis trompé une fois de parcours et dû faire un "crochet" supplémentaire), les 4 derniers km ayant été courus en 3'45. J'étais vraiment très très contente de cet entraînement, d'autant plus que j'aurais pu tenir encore qq km comme ça, mais je ne voulais pas, et mon coach Pierre non plus, entraver la suite de ma préparation.
Photo Copyright Daniel Werthmüller




Maintenant, la suite de ma décision est dans les mains (ou le stylo) des sélectionneurs, car moi, j'ai fait mon boulot et j'aurai de toute façon l'immense satisfaction d'avoir été jusqu'au bout, avec conscience et professionnalisme….

11 juin 2014

Objectif fantôme

A 3 semaines d'une nouvelle décision concernant la sélection pour les Championnats d'Europe de marathon, ma forme s'affiche comme plutôt bonne. Les séances s'allongent, et leur difficulté s'agrandit. Mon corps d'adapte, une nouvelle fois, et les sensations reviennent. Comme planifié, j'ai consacré les 3 premières semaines à faire du travail en montée et de la vitesse courte, ceci afin de préparer le dur parcours vallonné des CE à Zurich… Mais je dois avouer que cette situation n'est pas toujours évidente à vivre, avec l'impression d'avoir un objectif fantôme, pas bien défini…. Moi qui adore fixer des objectifs et qui en fait ma philosophie d'entraînement, c'est la première fois de ma carrière que je ne suis pas en mesure d'en avoir un de vraiment clair !!!

Heureusement, j'aime m'entraîner, et je considère cette incertitude comme une nouvelle difficulté à laquelle j'ai dû rarement faire face. Je dois lutter contre l'impatience et rester concentrée sur l'objectif du 16 août, même s'il me paraît plutôt flou.  Pour moi c'est un peu spécial, car je ne peux même pas avoir un objectif intermédiaire, car la sélection définitive ne sera même pas établie sur la base d'une nouvelle compétition, mais sur différents critères qui sont pour le moment… tout aussi flous !

Dimanche, je serai au départ de la Frauenlauf. Mais le parcours de 5km ne devrait pas non plus servir de critère de sélection…